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L’Homme se rêve maître du monde. Pourtant, jamais il n’a paru aussi étranger à lui-même. C’est précisément dans cette rupture qu’Ismaël MAUREY ancre son regard, refusant de céder aux canons esthétiques contemporains et aux lissages numériques de notre époque. À travers ses dessins de corps nus, vulnérables, lourds et imparfaits, l’artiste écarte toute beauté artificielle pour ne retenir que la vérité brute du vivant. Il n’y a ici aucune image retouchée, aucun faux-semblant : la peau et la forme s’exposent dans leur réalité la plus organique et la plus digne.
Ce face-à-face avec notre propre finitude s’étend de manière viscérale à sa série sur les carcasses. En explorant ce thème, Ismaël MAUREY renoue avec une grande tradition de l’histoire de la peinture, celle qui s’est penchée sur la chair des animaux, cette matière noble qui a nourri l’humanité à travers les siècles. Mais sous ses traits, sa palette, cette chair raconte aussi une dérive moderne. Elle témoigne du moment où l’animal cesse d’être respecté pour devenir une simple marchandise, une matière première soumise à la spéculation et à l’industrialisation.
Des corps humains sans artifice aux bêtes suspendues, le travail d’Ismaël MAUREY nous replace face à notre propre nature : des êtres faits de chair et d’os, confrontés à la fragilité d’un monde que l’on ne peut plus posséder sans détruire.

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  • Date 3 septembre 2026