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Des bêtes dressées en figures sacrées, parce que c’est la seule place qui leur reste. Chaque portrait est un face-à-face frontal, à hauteur d’yeux : pas de décor, pas de fuite possible. L’animal regarde, et c’est nous qui baissons les yeux. Le charbon travaille la masse plus que le détail — le pelage devient une nuit épaisse d’où ne sortent que le regard et le souffle. Ces totems ne protègent personne. Ils tiennent debout comme des témoins, et ils attendent que quelqu’un réponde de ce qui leur a été fait. Le noir n’est pas un choix esthétique. C’est la couleur de ce qui a brûlé.




