En 2021, Ismaël Maurey participe à « Make Some Art » à Bois-Guillaume, près de Rouen. Deux œuvres y sont présentées, dont La négociation : un pape, dans toute sa concupiscence, parlemente avec la mort.

Dans ce diptyque, Jean XXIII fait face à la Mort, représentée sous les traits d’un squelette drapé de rouge. Les deux figures, assises l’une en face de l’autre, semblent engagées dans un dialogue silencieux où le temps suspend son cours. D’un côté, la Mort, dépouillée de toute illusion ; de l’autre, le souverain pontife, enveloppé de riches ornements liturgiques, installé sur un trône qui symbolise l’autorité et la puissance terrestre.

L’œuvre propose une réflexion sur la vanité des grandeurs humaines. Les fastes du pouvoir ecclésiastique, les étoffes précieuses et l’attitude hiératique du pape peuvent être interprétés comme l’expression de l’attachement aux honneurs et aux privilèges. Face à eux, la Mort demeure immuable, indifférente aux insignes de pouvoir et aux prétentions des hommes.

Aucune négociation ne saurait retarder l’inéluctable. La Mort sait qu’elle viendra chercher ceux qui, par leur rang, leur autorité ou leur prestige, ont pu se croire au-dessus de leur condition. Qu’ils soient rois, papes ou simples mortels, tous sont rappelés à la même vérité. L’œuvre s’inscrit ainsi dans la tradition du memento mori, rappelant que la gloire, la richesse et le pouvoir ne peuvent soustraire l’homme à sa fin.

Par le contraste entre l’austérité du squelette et la magnificence des vêtements pontificaux, ce diptyque invite le spectateur à méditer sur la fragilité de toute puissance humaine et sur l’inévitable égalité de tous devant la Mort.


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