En février 2019, Ismaël Maurey participe au salon d’art contemporain ART’UP à Lille, par l’intermédiaire de la galerie Anne Perré. En novembre, il expose au Festival Art et Déchirure, à la Halle aux toiles de Rouen.

Qu’avons-nous fait pour devenir paria de notre terre nourricière ?

Pourquoi toute cette intelligence mise au service d’un suicide collectif ?

Folie ingurgitée pour assouvir ton narcissisme et ta cupidité, déversant immondices sur ton propre berceau.

T’es pas beau l’Humain !

Cette série entre en résonance avec le poème d’Esther Granek, Je cours après mon ombre (1981).

Mais la laideur du corps n’est-elle pas davantage cette image lissée, « photoshopée », que tu livres à coups de milliers de « followers » à toute cette société avide d’un idéal standardisé ? Société avilissante, pourtant consciente du désastre, qui te rend, toi, l’Humain, servile et dégénéré.

Le remède et la beauté ne seraient-ils pas dans la singularité et la complexité de chaque individu ?

L’Homme se rêve maître du monde. Pourtant, jamais il n’a paru aussi étranger à lui-même. À travers des corps nus, vulnérables, lourds et imparfaits, Ismaël Maurey refuse les canons esthétiques contemporains. Ici, aucune beauté artificielle, aucune image retouchée : seulement la vérité du vivant.

Le diptyque central représente un homme assis, courbé sous le poids de son existence. Son corps n’est pas idéalisé ; il porte les marques du temps, de la gravité et de la fatigue. Les autres figures poursuivent cette même réflexion : elles exposent une humanité dépouillée de ses artifices, confrontée à sa propre finitude.

La véritable laideur n’est peut-être pas celle du corps. Elle réside dans cette société qui célèbre des silhouettes lissées, des visages retouchés et des existences calibrées à coups de filtres, d’algorithmes et de milliers de « followers ». En poursuivant un idéal uniforme, l’Homme finit par nier ce qui constitue sa richesse : son imperfection.

À travers cette série, Ismaël Maurey défend une autre vision de la beauté. Une beauté qui naît de la singularité, de la vulnérabilité et de la complexité de chaque être humain. Là où les réseaux sociaux imposent une perfection factice, la peinture révèle l’épaisseur du réel.

L’exposition présentée au Festival Art et Déchirure 2019 est une invitation à regarder autrement : accepter nos failles, retrouver notre humanité et reconnaître que notre véritable beauté réside peut-être précisément dans ce qui échappe à toute norme.


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